Billet n145 Nelle série mercredi 17 mars 2010
On en resterait comme « deux ronds de flan », si Sarkozy ne nous avait pas déjà habitué à entendre tout et n’importe quoi ! La campagne du second tour entamée par François Fillon, l’homme qui monte, qui monte, qui monte, comme la petite bête, mais ne nous fait pas rire, est fondée sur un argument qui nous laisserait presque sans voix !
Figurez-vous que, selon Fillon, les socialistes commettent le crime de vouloir faire des régions des contre-pouvoirs !
Figurez-vous que c’est vrai ! Et que nous les socialistes, nous assumons. Nous assumons parce que nous sommes convaincus que face à la politique désastreuse et destructrice de tous les acquis sociaux et démocratiques entreprise par Sarkozy, il faut , partout, et chaque fois que possible, à la fois résister et limiter les dégâts.
L’argument que nous oppose Fillon est significatif de l’idée que ses amis et lui se font de la démocratie ! J’ai appris dans mes jeunes années que tout régime démocratique impliquait l’existence de contre pouvoirs. Les institutions françaises les prévoient. Mais les sarkozystes ne supportent pas ce qui pourrait gêner leur entreprise réactionnaire. Chacun aura déjà constaté que l’Elysée contrôle Matignon, l’Assemblée Nationale, le Sénat et les médias. Chacun est prévenu de ce que M. Sarkozy entend, en supprimant les juges d’instruction, mieux contrôler la justice, et que les réformes annoncées des collectivités locales visent à réduire le plus possible leur rôle.
Le pouvoir en place à Paris ne respecte plus les principes démocratiques. Il assume tranquillement, cyniquement, ce refus de l’équilibre démocratique. A l’Elysée on ne veut voir qu’une seule tête. De l’opposition on n’accepte que les traîtres, ceux qui acceptent de rejoindre la cohorte des sarkozystes. Ailleurs l’opposition doit être réduite à l’impuissance.
Nous sommes d’ailleurs d’ores et déjà prévenus. Peu importe pour Sarkozy que la gauche gagne les régions. Le Premier Ministre nous l’a dit. Si la gauche gagne, c’est parce que les électeurs ne comprennent rien à la région. Il s’appuiera donc sur cet échec pour justifier un peu plus ce qu’il appelle la réforme des collectivités locales, c’est-à-dire leur totale mise en tutelle.
Supprimons les contre pouvoirs comme le veut Sarkozy et nous pourrons bientôt dire « Une seule voix, un seul parti, un seul Chef ! »