Jacques Fleury Socialiste

février 16, 2010

Le casse-tête de la retraite

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Billet n°141 Nelle série                                                                                                             mardi 16 février 2010

Le casse-tête de la retraite est à nouveau à l’ordre du jour. Quand on lit les explications de ceux qui abordent le sujet, la problématique comme on dit est la suivante : le déséquilibre du financement des retraites vient de ce que nous vivons plus longtemps et que nous sommes moins nombreux à cotiser.

Moins nombreux à cotiser pour deux raisons : nous ne faisons pas suffisamment d’enfants pour compenser le nombre croissant des retraités et, mais on en parle moins, nous sommes de plus en plus nombreux à être sans emploi. Le chômage s’accroit sans cesse, le départ des « seniors » avant l’âge de la retraite également, et la rémunération de ceux qui gardent un emploi stagne ou régresse. Evidemment le nombre des cotisants et le montant des cotisations vont en diminuant.

Le chômage a deux raisons : la concurrence déloyale de l’étranger et le progrès technique qui remplace l’homme par la machine. Nos gouvernants ne veulent s’attaquer à la première qu’en réduisant le coût du travail c’est-à-dire en  réduisant le nombre des salariés et leur  pouvoir d’achat. Et ils refusent de tenir compte de la seconde en refusant d’imposer  une cotisation à la machine qui remplace le salarié. Bien au contraire, tout est fait pour alléger les charges des entreprises et celles des plus riches: bouclier fiscal, exonérations multiples de charges au bénéfice des entreprises, encouragement  des heures supplémentaires qui ne peuvent qu’aggraver le chômage, etc.

Pour équilibrer le régime des retraites, on nous propose  soit  de repousser l’âge auquel on peut partir en retraite – c’est-à-dire que ceux de plus en plus nombreux qui sont exclus du travail avant l’âge en question n’auront pas la retraite pleine -, soit d’allonger la durée de cotisation, ce qui aboutit au même résultat, soit d’augmenter le montant des cotisations de ceux qui ont encore la chance d’avoir un boulot, soit enfin de diminuer le montant de retraites qui ne sont pas déjà très élevées. Dans tous les cas ces diverses mesures se traduiraient par la baisse du pouvoir d’achat des salariés ou des retraités.

Avant de prolonger la durée du travail, il faudrait déjà s’assurer que tout le monde est au travail, ce qui est loin d’être le cas !

Ne tournons pas autour du pot ! Le gouvernement considère que nous vivons au dessus de nos moyens, que notre économie doit devenir plus compétitive et que pour y parvenir il faut tout faire pour réduire le coût des salariés donc le pouvoir d’achat de nos concitoyens. C’est fait avec des ruses de jésuites – si on peut encore se permettre ce genre d’image !-  mais c’est l’objet de toutes les réformes déjà mises en œuvre ou programmées. Ce n’est pas seulement vrai pour les retraites, c’est vrai pour la politique de réduction de la fonction publique, c’est vrai pour les réformes des collectivités locales en préparation, et on pourrait multiplier les exemples.

Il est possible que collectivement nous vivions au dessus de nos moyens. Mais avant de peser sur le pouvoir d’achat des moins favorisés,  encore faudrait-il  réduire les inégalités car il y en a qui vivent mieux que d’autres. Encore faudrait-il que l’on cesse de nous inviter à consommer toujours plus, en montrant l’exemple de ceux qui en ont les moyens mais  en privant la majorité d’entre nous des revenus nécessaires à cette consommation !  La pauvreté est, chacun le sait, une notion relative. Mais notre société fait tout pour que nombre d’entre nous soient pauvres ou se sentent pauvres. Sans compter ceux qui, exclus totalement, sombrent dans la plus grande misère.

Il est possible, évident même, que les économies modernes ont de moins en moins besoin de travail humain. Cette évolution aurait du se traduire par une amélioration de la qualité de vie en répartissant le travail entre les salariés et en en réduisant la durée. Au contraire, et c’est inacceptable, le progrès technique se traduit par le rejet d’un nombre croissant d’hommes et de femmes au chômage, ce que ne peuvent qu’aggraver des mesures qui allongent l’âge de la retraite, allongent la durée du travail hebdomadaire, ou encouragent les heures supplémentaires.

Il est possible que la mondialisation nous oblige à devenir plus compétitifs. Mais quel est l’intérêt de cette compétitivité si la mondialisation permet d’acheter des produits moins chers – je n’ai pas dit moins coûteux du point de vue social ou environnemental- mais que dans un même mouvement elle appauvrit les salariés de nos pays développés ?

Que ce soit le projet de « réforme » des retraites ou les autres politiques conduites par Sarkozy, elles prennent les problèmes à l’envers. Elles ne s’attaquent pas aux causes mais aux effets des causes.

J Fleury

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