Jacques Fleury Socialiste

mars 17, 2010

Contre-pouvoirs

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 5:32

Billet n145 Nelle série                                                                                                  mercredi 17 mars 2010

                On en resterait comme « deux ronds de flan », si Sarkozy ne nous avait pas déjà habitué à entendre tout et n’importe quoi ! La campagne du second tour entamée par François Fillon, l’homme qui monte, qui monte, qui monte, comme la petite bête, mais ne nous fait pas rire, est fondée sur un argument qui nous laisserait presque sans voix !

                Figurez-vous que, selon Fillon, les socialistes commettent le crime de vouloir faire des régions des contre-pouvoirs !

                Figurez-vous que c’est vrai ! Et que nous les socialistes, nous assumons. Nous assumons parce que nous sommes convaincus que face à la politique désastreuse et destructrice de tous les acquis sociaux et démocratiques entreprise par Sarkozy, il faut , partout, et chaque fois que possible, à la fois résister et limiter les dégâts.

                L’argument que nous oppose Fillon est significatif de l’idée que ses amis et lui se font de la démocratie ! J’ai appris dans mes jeunes années que tout régime démocratique impliquait l’existence de contre pouvoirs. Les institutions françaises les prévoient. Mais les sarkozystes ne supportent pas ce qui pourrait gêner leur entreprise réactionnaire. Chacun aura déjà constaté que l’Elysée contrôle Matignon, l’Assemblée Nationale, le Sénat et les médias. Chacun est prévenu de ce que M. Sarkozy entend, en supprimant les juges d’instruction, mieux contrôler la justice, et que les réformes annoncées des collectivités locales visent à réduire le plus possible leur rôle.

                Le pouvoir en place à Paris ne respecte plus les principes démocratiques. Il assume tranquillement, cyniquement,  ce refus de l’équilibre démocratique. A l’Elysée on ne veut voir qu’une seule tête. De l’opposition on n’accepte que les traîtres, ceux qui acceptent de rejoindre la cohorte des sarkozystes. Ailleurs l’opposition doit être réduite à l’impuissance.

                Nous sommes d’ailleurs d’ores et déjà prévenus. Peu importe pour Sarkozy que la gauche gagne les régions. Le Premier Ministre nous l’a dit. Si la gauche gagne, c’est parce que les électeurs ne comprennent rien à la région.  Il s’appuiera donc sur cet échec pour justifier un peu plus ce qu’il appelle la réforme des collectivités locales, c’est-à-dire leur totale mise en tutelle.

                Supprimons les contre pouvoirs comme le veut Sarkozy et nous pourrons bientôt dire «  Une seule voix, un seul parti, un seul Chef ! »

mars 15, 2010

Bonheur et lucidité

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 11:15

Billet n144 Nelle Série                                                          lundi 15 mars 2010

            Réjouissons-nous ! Ce premier tour indique un rétablissement du PS, et un progrès de la gauche toute entière.  Et ma satisfaction personnelle s’accroît de constater que le PS a fait 46% des voix ce dimanche dans ma commune, contre un score de 15% pour l’UMP. J’en remercie les électeurs de Roye.

            Réjouissons-nous car la signification principale du vote de ce dimanche est une claque infligée à M. Sarkozy, autant par les électeurs qui se sont déplacés que par ceux qui ont refusé de le faire.

            Réjouissons-nous mais demeurons lucides. Que plus d’un électeur sur deux se soit abstenu montre que si le peuple français condamne  la politique  de la  droite à fois ultra libérale sur le plan économique et de plus en plus attentatoire aux principes républicains sur le plan politique,  il n’y a pas encore une adhésion suffisamment forte à la gauche et au PS pour susciter l’enthousiasme qui déplace la foule des électeurs.

            Répétons-le ! Il ne suffit pas de condamner la politique sarkozienne évidement et éminemment condamnable. Il ne suffit pas d’affirmer des positions et des ambitions généreuses, encore faut-il dire comment la gauche peut y parvenir et les réaliser, quels sont les moyens qu’elle entend se donner, quelle alternative réelle et immédiatement visible elle entend opposer à la politique que tente d’imposer Sarkozy en France et à l’idéologie de la mondialisation débridée en Europe.

            Nous le savons bien, mais les Français le savent aussi : notre pays, pas plus que l’Europe, ne pourront se développer, faire face au problème de l’emploi, proposer une alternative de développement durable, si l’on continue à admettre sans la moindre réserve, sans le moindre jugement, sans la moindre lucidité, la théorie du tout marché, du libre-échange sans règle qui sont en train de ruiner notre industrie.

            Il n’y a vraiment que les Européens pour croire jusqu’au bout à la libre concurrence. Ceux qui croyaient encore au formidable modèle américain supposé prôner un marché pur, ouvert et transparent, auront sans doute découvert avec surprise la façon dont les Etats Unis ont éliminé la concurrence sur le marché des avions ravitailleurs au profit de la société américain Boeïng et au détriment de la société franco-européenne EADS. Peut-être finiront ils par comprendre que la concurrence n’est acceptée par certains que lorsqu’elle leur profite. Peut-être finiront-ils par comprendre qu’un pays, même les Etats Unis, ne peut pas accepter de se laisser dépouiller de son industrie au risque d’y perdre et sa richesse et son indépendance.

            Il ne s’agit pas de prôner le repliement sur soi. Il s’agit de ne pas être aveugle et de ne pas jouer les victimes expiatoires de la religion du marché libre.

            C’est le rôle, c’est la vocation des socialistes d’opposer au capitalisme triomphant une autre idéologie, une autre politique, une autre philosophie. Si le Parti Socialiste sait assumer ce rôle, non seulement il gagnera les élections locales, mais il transformera l’essai au niveau national.

            Nous avons encore de beaux combats à mener, et à gagner, à commencer par le scrutin de dimanche prochain.

                                                                                  Jacques Fleury      Maire de Roye

Un nuage de fumée

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 11:14

Billet n143 Nelle Série                                                                                                     mercredi 10 mars 2010

                Une campagne électorale se termine. On en retiendra des polémiques diverses sur les phrases prononcées ici et là, et bien entendu l’affaire Frèche. Mais derrière ce opportun nuage de fumée, une bénédiction pour la droite, que retiendront les électeurs ? Et pourtant, il y aurait de quoi dire !!! Quatre exemples :

                Les régions et les départements gênent l’ambition de Sarkozy de ramener notre pays à la législation d’avant Napoléon III. Fillon l’a dit : il est intolérable que les régions freinent quand Sarkozy accélère !  Dans la mauvaise direction ! Qu’à cela ne tienne ! Une réforme des collectivités locales va juguler la capacité d’action des collectivités locales déjà étouffées financièrement par l’Etat et demain par la réforme de la Taxe Professionnelle. Le prétexte : l’augmentation des impôts locaux : 3€ en moyenne par habitant. C’est peu pour compenser les insuffisances de l’Etat et la volonté sarkozienne de tout privatiser.  A-t-on entendu débattre de cette question primordiale ? Que nenni !

                Demain les régions risquent de rester à gauche et la majorité des départements aussi ? Qu’à cela ne tienne ! On va supprimer les  élus régionaux et départementaux et pour faire bonne mesure on va faire élire les nouveaux conseillers territoriaux selon un mode de scrutin, qui, espère-t-on en haut lieu, ne laissera aucune chance à la gauche. Le prétexte, faire des économies, dont le montant , chacun le sait, sera inférieur à l’augmentation des frais de l’Elysée sous Sarkozy ! On en parle ? Que nenni !

                Un point de détail niché dans la réforme du code de procédure pénale  est passé sous silence :  la prescription des délits d’abus de biens sociaux courra dorénavant à partir non pas du moment où le délit est découvert mais à compter du moment où le délit aura été commis. Le prétexte : selon le Ministre de la Justice la situation actuelle produisait de l’insécurité juridique ! Certes certes ! Désormais, pour les voyous du monde des affaires, la sécurité est assurée :  les délits seront prescrits et donc les poursuites annulées avant même qu’ils soient découverts !  Merci  M. Sarkozy !

                Ce n’est pas suffisant ! La réforme du code de procédure pénale supprime le juge d’instruction.  C’est une bataille qui devrait mettre les Français dans la rue, s’ils avaient un peu de jugeote. Il suffit de regarder les séries américaines pour savoir comment ça se passe : dans les affaires  sensibles, celui qui a les moyens pourra se payer un bon avocat et une équipe de détectives. les autres seront mal défendus. Les « couloirs de la mort », aux USA, sont peuplés  de gens dont on découvre quelquefois trop tard qu’ils sont innocents mais qu’ils ont été mal défendus. Ce n’est pas le souci de Sarkozy notre chef. L’essentiel est de supprimer les juges d’instruction  trop indépendants qui ces dernières années mettaient trop souvent leur nez dans les affaires des amis du pouvoir. L’affaire d’Outreau est venue à point nommé donner un prétexte à la suppression du juge indépendant.

                 Les régions nous gênent :cassons les régions

                La gauche nous gêne : muselons la gauche.

                Les télévisions ne sont pas suffisamment encore à la botte. Cassons le CSA

                Les juges d’instruction nous embêtent. Supprimons les juges d’instruction

                etc.

                 Certains ricanent quand d’autres soutiennent que la République est en danger.  D’aucuns prétendent même que l’ouverture de postes à d’anciens ou à d’actuels socialistes prouverait le contraire. Sarkozy serait à gauche voire socialiste !!! Mais de la même façon que chaque raciste a son juif ou son noir, chaque réactionnaire peut avoir son opposant alibi. C’est même ce qui l’aide à camoufler sa démarche. Il faudrait cependant être aveugle pour ignorer que Sarkozy a entrepris de casser toutes les conquêtes sociales et démocratiques des 150 dernières années.

                Le fera-t-il en toute impunité ?

 

                                                                                                                             Jacques Fleury

février 16, 2010

Le casse-tête de la retraite

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 1:27

Billet n°141 Nelle série                                                                                                             mardi 16 février 2010

Le casse-tête de la retraite est à nouveau à l’ordre du jour. Quand on lit les explications de ceux qui abordent le sujet, la problématique comme on dit est la suivante : le déséquilibre du financement des retraites vient de ce que nous vivons plus longtemps et que nous sommes moins nombreux à cotiser.

Moins nombreux à cotiser pour deux raisons : nous ne faisons pas suffisamment d’enfants pour compenser le nombre croissant des retraités et, mais on en parle moins, nous sommes de plus en plus nombreux à être sans emploi. Le chômage s’accroit sans cesse, le départ des « seniors » avant l’âge de la retraite également, et la rémunération de ceux qui gardent un emploi stagne ou régresse. Evidemment le nombre des cotisants et le montant des cotisations vont en diminuant.

Le chômage a deux raisons : la concurrence déloyale de l’étranger et le progrès technique qui remplace l’homme par la machine. Nos gouvernants ne veulent s’attaquer à la première qu’en réduisant le coût du travail c’est-à-dire en  réduisant le nombre des salariés et leur  pouvoir d’achat. Et ils refusent de tenir compte de la seconde en refusant d’imposer  une cotisation à la machine qui remplace le salarié. Bien au contraire, tout est fait pour alléger les charges des entreprises et celles des plus riches: bouclier fiscal, exonérations multiples de charges au bénéfice des entreprises, encouragement  des heures supplémentaires qui ne peuvent qu’aggraver le chômage, etc.

Pour équilibrer le régime des retraites, on nous propose  soit  de repousser l’âge auquel on peut partir en retraite – c’est-à-dire que ceux de plus en plus nombreux qui sont exclus du travail avant l’âge en question n’auront pas la retraite pleine -, soit d’allonger la durée de cotisation, ce qui aboutit au même résultat, soit d’augmenter le montant des cotisations de ceux qui ont encore la chance d’avoir un boulot, soit enfin de diminuer le montant de retraites qui ne sont pas déjà très élevées. Dans tous les cas ces diverses mesures se traduiraient par la baisse du pouvoir d’achat des salariés ou des retraités.

Avant de prolonger la durée du travail, il faudrait déjà s’assurer que tout le monde est au travail, ce qui est loin d’être le cas !

Ne tournons pas autour du pot ! Le gouvernement considère que nous vivons au dessus de nos moyens, que notre économie doit devenir plus compétitive et que pour y parvenir il faut tout faire pour réduire le coût des salariés donc le pouvoir d’achat de nos concitoyens. C’est fait avec des ruses de jésuites – si on peut encore se permettre ce genre d’image !-  mais c’est l’objet de toutes les réformes déjà mises en œuvre ou programmées. Ce n’est pas seulement vrai pour les retraites, c’est vrai pour la politique de réduction de la fonction publique, c’est vrai pour les réformes des collectivités locales en préparation, et on pourrait multiplier les exemples.

Il est possible que collectivement nous vivions au dessus de nos moyens. Mais avant de peser sur le pouvoir d’achat des moins favorisés,  encore faudrait-il  réduire les inégalités car il y en a qui vivent mieux que d’autres. Encore faudrait-il que l’on cesse de nous inviter à consommer toujours plus, en montrant l’exemple de ceux qui en ont les moyens mais  en privant la majorité d’entre nous des revenus nécessaires à cette consommation !  La pauvreté est, chacun le sait, une notion relative. Mais notre société fait tout pour que nombre d’entre nous soient pauvres ou se sentent pauvres. Sans compter ceux qui, exclus totalement, sombrent dans la plus grande misère.

Il est possible, évident même, que les économies modernes ont de moins en moins besoin de travail humain. Cette évolution aurait du se traduire par une amélioration de la qualité de vie en répartissant le travail entre les salariés et en en réduisant la durée. Au contraire, et c’est inacceptable, le progrès technique se traduit par le rejet d’un nombre croissant d’hommes et de femmes au chômage, ce que ne peuvent qu’aggraver des mesures qui allongent l’âge de la retraite, allongent la durée du travail hebdomadaire, ou encouragent les heures supplémentaires.

Il est possible que la mondialisation nous oblige à devenir plus compétitifs. Mais quel est l’intérêt de cette compétitivité si la mondialisation permet d’acheter des produits moins chers – je n’ai pas dit moins coûteux du point de vue social ou environnemental- mais que dans un même mouvement elle appauvrit les salariés de nos pays développés ?

Que ce soit le projet de « réforme » des retraites ou les autres politiques conduites par Sarkozy, elles prennent les problèmes à l’envers. Elles ne s’attaquent pas aux causes mais aux effets des causes.

J Fleury

janvier 25, 2010

« La bien pensance »

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 9:44

Billet n139 Nelle série                                                                                                                lundi 25 janvier 2010

Dans un papier consacré à la « bien pensance médiatique », je lis les lignes suivantes  illustrant la grille de lecture qu’elle nous impose:  pourquoi , alors qu’un Evo Morales est repassé dès le premier tout en Bolivie, la seule gauche qui a réussi à se faire battre en Amérique latine, la gauche sociale-démocrate chilienne, est-elle précisément celle que notre bien-pensance médiatico-progressiste hexagonale nous donne comme seul modèle exemplaire ?…Comme si s’était peu à peu imposée une vulgate éditoriale qui veut que la « bonne gauche » soit nécessairement celle qui ne fait rien… »

Le même rédacteur écrit plus loin : « La bien pensance est en pleine forme…Elle a trouvé son parti. Idéal : Europe Ecologie. Contre la récession, pour la décroissance. Pardi ! Et puis, depuis que Martine Aubry a placé au centre du débat public, non plus le chômage, le creusement des inégalités ou les déficits, mais le mariage gay et la régularisation générale des sans-papiers, elle – la bien pensance – a presque trouvé son héroïne »

On sera sans doute surpris d’apprendre que ces lignes parues dans Marianne, sont du « centriste » Jean François  Kahn. Elles n’en demeurent pas moins à mes yeux pertinentes.

C’est dans le même hebdo qu’on peut lire , sous la plume de Maurice Szafran, la condamnation suivante: « … disons le tout net, avec toute la considération que nous portons à  Denis Olivennes (NDLR directeur du Nouvel Observateur) nous sommes heureux de ne pas appartenir à la gauche qu’il incarne ; une gauche néolibérale qui a renié la plupart de ses idéaux ; une gauche de marché qui a renoncé à la quasi-totalité de ses engagements moraux, sociaux et éthiques ; une gauche qui fait génuflexion devant le capitalisme financier et qui continue à lui faire allégeance comme si la crise pouvait être réduite à un épiphénomène ; une gauche qui a largué l’électorat populaire, une gauche plus sensible aux états d’âme d’un trader qu’à celui d’un enseignant, une gauche qui, en réalité, a renié la France de 1789 »

Maurice Szafran est bien gentil de qualifier de « gauche » ceux qu’il vient ainsi de décrire ! Pour ma part, j’avais, dès  l’époque du débat sur le Traité Européen, cessé de considérer le Nouvel Obs comme un journal de gauche et cessé de lui verser mon obole !

C’est dans le même hebdo que sous la plume de Hervé Nathan, est dénoncée la pensée unique qui fait titrer au journal Le Monde : « le gouvernement tente de s’immiscer dans la stratégie de Renault ». Ce grand journal du soir, comme on dit,  dénonçait le fait  que le gouvernement  réclame le maintien de la production de la Clio en France.  «  Rendez vous compte, écrit Nathan : l’affreuse hydre étatique viendrait se mêler de ce qui ne la regarde pas. Peu importe que les fonds publics aient permis au groupe automobile de passer la crise, que le secteur soit sursubventionné à base de primes à la casse et de bonus écologiques, ou que l’Etat soit le deuxième actionnaire de l’entreprise. La puissance publique n’aurait le droit que de se taire ».

On ne sera pas dupe de l’action gouvernementale dans ce domaine, plus soutenue par des considérations d’opportunité électorale que par des convictions idéologiques, mais il est bien utile, une fois encore de dénoncer la pensée unique qui nous impose sa dictature.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Jacques Fleury

60 ans !

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 9:42

Billet n°138 Nelle série                                                                                                       vendredi 22 janvier 2010

Martine Aubry vient de jeter un pavé dans la mare sur la question de l’âge de la retraite. Je ne suis pas un spécialiste de ce dossier et je suis prêt à entendre toute argumentation qui pourrait m’éclairer. Mais j’avoue avoir du mal à comprendre ce que la modification de l’âge légal de départ à la retraite peut apporter comme solution au financement des retraites. Je comprends en revanche quelle liberté elle ôte aux travailleurs. J’avoue ne pas comprendre la position prise par Martine Aubry.

Le problème des retraites, dans le régime de répartition auquel nous sommes rigoureusement attachés,  vient du déséquilibre croissant entre le nombre des cotisants et celui des « bénéficiaires » des pensions. D’un côté le chômage réduit le nombre des cotisants, de l’autre  l’allongement de l’espérance de vie accroît le nombre des retraités. Soit ! Mais bouger le curseur des 60 ans vers 61 ans ou  plus ne résout pas la question.

Si j’ai bien compris, repousser l’âge du départ à la retraite aurait pour but théorique soit d’accroître le nombre de cotisants, soit d’exiger d’eux un nombre accru de trimestres de cotisation.

Accroître le nombre des cotisants,  est-ce réaliste ? A quoi bon reporter l’âge de la retraite quand on  sait que nombre de « seniors » sont conduits vers la porte et vers le chômage avant les 60 ans fatidiques ? Quand on sait que la population active et les revenus de la population en âge de l’être – et donc les cotisations qui peuvent être prélevées -  sont  évidemment fortement amputés par le chômage total ou partiel. Il vaudrait sans doute mieux mettre au travail ceux qui n’en ont pas ! Maintenir les gens au travail plus longtemps c’est en maintenir d’autres au chômage. Où est le gain ?

Exiger un nombre accru de trimestres de cotisations ? On sait bien que  ce n’est pas l’âge légal du départ qui détermine le nombre de trimestres de cotisations exigé pour la retraite complète. On sait bien que le calcul des cotisations nécessaires à l’obtention d’une pension à taux plein a été modifié par M. Balladur sans toucher à l’âge légal de départ.

L’âge légal de la retraite à 60 ans, offre le choix d’arrêter le travail à ceux qui n’ont plus le désir de travailler, qui n’en ont plus la force, dont l’espérance de vie ne  laisse que peu d’espoir de jouir d’un repos mérité pendant de longues années. C’est une liberté. C’est cette liberté là que le report de l’âge de la retraite supprimerait, donnant à l’employeur le droit d’exiger que le salarié travaille plus longtemps même s’il a rempli sa part du contrat, c’est-à-dire le nombre de mensualités de cotisations  qui donne droit à une retraite complète.

Le déséquilibre entre population active et retraités peut évidemment  conduire un jour à ce qu’une partie de la population, celle que n’usent pas les travaux les plus pénibles,  travaille plus longtemps. Mais avant de remettre en cause l’âge légal du départ en retraite, il faut d’abord mettre tout le monde au travail. Il faut aussi mobiliser d’autres sources de recettes  pour les retraites que les cotisations de salariés puisque  le progrès technique et la compétition internationale provoquent la réduction constante du nombre des salariés. C’est ce que le gouvernement Jospin avait commencé à faire en créant un Fonds spécial pour les retraites.

Jacques Fleury

janvier 18, 2010

Haïti

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 8:04

Billet n137 Nelle série                                                                                                            lundi 18 janvier 2010

Ce matin sur Canal +, en direct de Haïti, le journaliste expliquait deux méthodes d’assistance : celle de l’ONU et celle de l’armée américaine, manifestant à l’évidence sa préférence pour la première.

S’agissant de l’ONU, il expliquait que la solution retenue, qu’il qualifiait d’humanitaire,  était sans doute plus lente parce que plus organisée : recenser les besoins, repérer les groupes à aider, apporter les quantités nécessaires, et répartir équitablement afin que chacun reçoive sa part. Cette méthode demande des délais mais aboutit à une aide efficace, équitable et relativement apaisée.

L’armée américaine – par peur nous-dit on des agressions contre ses propres membres – préfère  distribuer son aide en la jetant d’hélicoptère  ou des camions sans organisation préalable. C’est effectivement plus rapide mais plus aléatoire : le résultat est que ce sont les plus forts qui s’accaparent les produits distribués et que la distribution tourne à ces émeutes dont se protègent  les américains en pointant leurs armes sur la foule.

Ces deux méthodes  illustrent  cruellement  deux approches de la société.  Celle de l’ONU représente l’approche solidaire, j’allais dire la démarche socialiste, qui  tend à résoudre la question posée dans la justice et qui va au fond des choses. Celle des américains témoigne de cette philosophie de la loi de la jungle , ce qu’on appelle le libéralisme, qu’ils ne sauraient abandonner même dans les cas désespérés :  rapidité, efficacité de surface – elle ne concerne que la minorité des plus forts – et injustice finale.

décembre 25, 2009

L’illusion du libre-échange

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 5:02

Billet n134 Nelle série                                                                                                  vendredi 25 décembre 2009

Les libéraux nous vendent – et certains « socialistes » y adhèrent – l’idée que seul le libre échange généralisé peut apporter la richesse et le bien être dans le monde. Le « protectionnisme » est devenu un tabou et toute mesure supposée corriger un déséquilibre évident dans les échanges est banni car suspecte de « protectionnisme ».

La théorie de la « main invisible » chère à Adam Smith, appliquée sans réserve, devrait, nous explique-t-on,  se traduire par la production de biens au meilleur prix  dans la région du globe la mieux à même d’y parvenir. Pour caricaturer, le cacao et les cacahuètes en Afrique , les vaches en l’Argentine, le sucre  au  Brésil, la finance à Londres, le tourisme en Europe, les autos au Japon, et cetera,  et tout le reste en Chine !!!

La mondialisation n’est pas nouvelle. Les frontières commerciales ont, il est vrai, sans cesse été abaissées depuis la dernière guerre dans le cadre des négociations  dites du GATT puis de l’OMC.  Le faible coût des transports a favorisé – tant pis pour la planète- les échanges à longues distances. La « spécialisation » a eu tout le temps de se développer et l’on peut désormais juger des résultats. De nouvelles puissances émergent : les pays très étendus et à population importante, la Chine, l’Inde et le Brésil. Leur développement se fonde essentiellement sur l’abondance et le faible coût de la main d’œuvre qui leur donne une compétitivité fondée sur le déséquilibre des rémunérations. Les pays pétroliers accumulent les richesses, mais les auraient accumulées même sans  le libre échange généralisé. Quant aux autres pays, quels sont ceux qui ont réellement bénéficié de la mondialisation ?  Et surtout quels sont les peuples qui en ont été franchement bénéficiaires ?

Pour être bénéfique, le libre échange supposerait, pour le moins, qu’il s’établisse entre pays et populations disposant de mêmes règles sociales, de même règles de production. C’est aujourd’hui loin d’être le cas. Cette harmonisation serait-elle mise en place, qu’elle ne résoudrait pas spontanément le cas de pays plus dépourvus d’atouts que d’autres ou que l’histoire a tellement sacrifiés qu’ils auraient du mal à rattraper leur retard.

Aujourd’hui le résultat le plus évident  de la mondialisation c’est la richesse de la Chine, une richesse qui profite à une infime minorité de Chinois et qui permet à cette puissance d’être la créancière du reste du monde, en capacité même  d’imposer son autorité à des débiteurs aussi puissants que les Etats Unis, devenus de ce fait vulnérables. Pendant ce temps, les grands pays développés sont en train d’abandonner ce qui a fait leur puissance et leur indépendance, l’industrie, jetant dans la misère tous ceux qui sont victimes de la baisse de l’emploi. Quel type de supposée richesse génère le libre échange et à  qui sert elle ?

Que faire ? La mondialisation existe, c’est un fait, nous-dit-on. Certes. Mais sommes-nous obligés d’accepter un libre échange sans réserve et sans règles ?  L’emploi chez nous, l’indépendance économique de nos populations, et le refus de gaspiller les énergies fossiles, devraient nous encourager à « produire au pays », à produire au plus près de chez soi.  On nous objecte que si nous élevons des barrières contre les importations, la réciproque nous pénalisera ! Nous vendrons moins d’avions, moins de centrales nucléaires, moins de TGV, etc… A y regarder de plus près ne serait-ce pas préférable ?

Nous, les européens, nous sommes en train de nous affaiblir, sans opposer de résistance, dans un alignement aveugle sur l’idéologie libérale et sans que notre affaiblissement profite aux peuples envers lesquels nous aurions le plus de dettes. Sauf à renoncer à être maîtres de notre destin, il nous faut une autre politique évidemment incompatible avec la défense du libre échange mondial. Face aux superpuissances de demain, il nous faut l’alliance entre l’Europe reconquérant son indépendance industrielle sur la base d’un développement durable et d’une production relocalisée, une Europe alliée à la Russie et aux peuples de l’ancienne URSS dont les vastes territoires  et les richesses naturelles viendraient compléter nos atouts. Elle doit aussi être le partenaire privilégié de l’Afrique et de l’Amérique Latine, qui ont besoin de notre appui pour assurer un développement écolo-compatible. L’Europe ne peut pas plus longtemps accepter d’être aujourd’hui la vassale des Etats Unis et demain de la Chine ou de l’Inde.

Jacques Fleury

décembre 12, 2009

Terrible dilemne

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 4:02

Billet 132 Nelle série                                                                                                    samedi 12 décembre 2009

Besancenot est à la peine. Un sixième seulement de ses camarades du NPA soutiennent son refus d’entrer dans une alliance suspectée de travailler un jour avec le PS. Une telle situation montre le désarroi de militants qui se trouvent placés devant un terrible dilemme :

D’un côté ils refusent de renoncer à leur idéal révolutionnaire de mise à bas du système capitaliste. Ils ne veulent pas  brouiller l’image de leur combat en nouant des alliances avec des partis qui auraient renoncé à cet idéal socialiste comme semble l’avoir accepté le PS .

De l’autre, ils ne voudraient pas, dans l’attente de l’établissement d’un rapport de forces favorable ou d’un mythique Grand Soir, que leur combat soit stérile et laisser, par une politique du pire, la droite poursuivre le travail de démolition  systématiquement entrepris.

Ce dilemme, tout socialiste conséquent, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur du PS, le partage évidemment. Etre réellement socialiste, sans tomber dans l’extrémisme stérile ni dans l’abandon social-démocrate, c’est justement tenter de résoudre la difficulté.

Etre socialiste, c’est être démocrate. C’est donc reconnaître l’existence d’un rapport de forces. Jusqu’alors ce rapport de forces n’a pas autorisé les transformations « révolutionnaires » souhaitables. Mais il est arrivé et il peut arriver à court terme que l’état des forces permette des mesures qui « soignent » les maux engendrés par le capitalisme. Dans pareil cas, il ne serait pas raisonnable de refuser de gouverner pour limiter les dégâts et ne pas laisser la droite écraser le monde du travail dans l’attente du Grand Soir. Mais cette position de compromis n’est acceptable que si, en même temps, on travaille à modifier ce rapport de force, à former, à éclairer l’opinion, à ne jamais renoncer à lui expliquer que les « petites réformes » ne transformeront jamais l’essence du capitalisme et que la seule réponse  à long terme réside dans la suppression du régime de la propriété capitaliste. Tenir compte du réel, certes, mais ne jamais oublier l’idéal. Et surtout bien indiquer à l’opinion que la seule voie raisonnable, utile et efficace, à terme, est celle du socialisme.

Pourquoi la question de l’alliance du PS avec d’autres démocrates d’opposition est –elle un sujet particulièrement sensible ? Parce que, depuis trois décennies,  le PS a cessé de mener le combat idéologique et a laissé prospérer l’idée qu’il renonçait au socialisme au profit d’un timide réformisme. Dès lors, l’alliance du PS avec les démocrates apparaîtrait  non pas comme une tactique défensive contre l’agression réactionnaire, mais comme la conclusion logique et comme la confirmation définitive de l’abandon du socialisme.

Dans les circonstances présentes, face à un pouvoir décidé à détruire tous les acquis des luttes ouvrières du XXème siècle, animé de relents pétainistes, l’alliance tactique d’un ensemble de forces affirmant haut et fort leur refus du capitalisme avec d’autres démocrates d’opposition non socialistes soulèverait infiniment moins de difficultés si le parti socialiste avait poursuivi le combat idéologique qui justifiait sa création, ou du moins s’il y revenait. Ce n’est évidemment pas le signal que la PS a donné lorsqu’il a modifié sa déclaration de principes en abandonnant les fondamentaux du socialisme. Il a alors ouvert un boulevard à ceux qui sous les couleurs rouge ou verte, ont repris le flambeau de la lutte anticapitaliste.

Deux conceptions de la société s’opposent à l’évidence. L’une symbolisée au mieux par le triptyque «  Liberté, compétitivité, charité » est parfaitement défendue par la droite. On peut aimer !  Mais il faut s’y faire et ne pas s’en plaindre. Ce n’est pas mon choix !  L’autre, symbolisée par le triptyque « Liberté Egalité Fraternité » auquel il faut ajouter « Laïcité », ne peut être mise en œuvre que si on jette à bas ce pilier de la société capitaliste, cette propriété capitaliste qui confère l’essentiel du pouvoir aux détenteurs du capital et donc à ceux qui défendent l’autre modèle. Un socialiste ne saurait y renoncer.

Jacques FLEURY

décembre 8, 2009

L’animal gaspilleur

Filed under: Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 5:13

mardi 8 décembre 2009

Changement de ton dans les medias. Sans doute ont-ils pensé, au moment du sommet de Copenhague, que l’opinion était suffisamment sensibilisée à l’idée que la terre est en danger du fait des émissions de gaz à effet de serre. Sans doute ont-ils pensé que ce message était devenu trop banal et ne pouvait plus intéresser l’auditeur. Du coup les médias mobilisent maintenant les experts qui vont à contre-courant, sur le thème : on vous fait peur pour rien, on ne sait rien, pourquoi donc affoler les populations ?

Y a-t-il réchauffement de la planète ? La question ne semble pas discutée. L’homme en est-il responsable ? C’est l’objet du débat ! Il n’est pas neutre parce que si l’homme n’y est pour rien ou pour pas grand-chose, comme tente de le démontrer cette nouvelle vague d’experts, pourquoi  faudrait-il modifier profondément notre mode de vie et notre mode de production ?

Pourquoi faudrait –il arrêter d’émettre en quantité dangereuse des gaz polluants, pourquoi faudrait-il cesser de gaspiller l’énergie et les ressources naturelles non renouvelables ? Pourquoi faudrait-il cesser de consommer des produits transformés à l’autre bout du monde à des salaires de misère ? Pourquoi faudrait-il renoncer à un  système de production insensé qui n’a d’autre but que de pousser à la consommation, quelle qu’elle soit, à la recherche du profit à n’importe quel prix, plutôt qu’à proposer aux populations mondiales, dans les pays pauvres comme dans les pays riches, la réponse à leurs besoins prioritaires ?

Donc nos experts, minoritaires, pensent qu’il n’est pas démontré que l’homme soit responsable du réchauffement de la planète. Ils ont peut-être raison. Mais faut-il attendre et vérifier qu’ils ont tort ? Dans ce domaine le principe de précaution devrait pourtant s’imposer car l’humanité  pourrait se trouver en péril ou en tous cas rencontrer des difficultés terribles que nous avons peine à imaginer. L’homme est bien responsable, ce n’est pas discutable,  des soucis que provoquent déjà la pénurie d’eau, la disparition à terme du pétrole bon marché, les problèmes de nutrition que provoquera la pollution des mers, et plein d’autres gracieusetés du même genre.

Poursuivre le mode de production capitaliste, au prétexte fallacieux de lutter contre la misère du monde et en faveur de l’emploi – on sait ce qu’il en est des résultats – c’est  affirmer haut et fort : « après nous le Déluge ! ». Nos enfants trouveront la solution pour nager !

La peur des conséquences gravissimes du réchauffement de la planète et, ce dont on fait moins cas, de la disparition progressive des ressources naturelles, devrait être le commencement de la sagesse.  Arrêter le gaspillage général, orienter la production vers la satisfaction des besoins prioritaires dans les pays riches comme dans les pays pauvres, aider ces derniers à mettre en place une économie fondée sur les énergies renouvelables dont certains disposent largement, voilà une autre forme d’ambition, capable de mobiliser les énergies humaines.

Dans le règne animal, l’homme est la seule espèce qui prélève sur la nature plus que ce dont il a besoin pour vivre. C’est sans doute un des traits de son originalité. Je ne suis pas convaincu que ce soit le meilleur.

Jacques Fleury

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