Jacques Fleury Socialiste

novembre 14, 2009

Assez !

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 11:15

 

A la veille du sommet de Copenhague, ceux qui nient que le réchauffement de la planète soit la conséquence de l’activité humaine se font de plus en plus souvent entendre. Les enjeux sont tels, dans le monde capitaliste, qu’il ne saurait être question de changer le système de production, de renoncer à ce qui fait la richesse d’une infime minorité. Sans doute faut-il préparer l’échec de la conférence et surtout justifier le refus de prendre des dispositions sérieuses pour lutter contre les dangers climatiques. C’est pourquoi on assiste à la mobilisation des « sceptiques » !

Chez nous Claude Allègre est chargé de cette mission. « Arrêtez de faire peur » nous dit-il ! A-t-il raison ? A-t-il tort ? Il a déjà montré une grande autorité pour « dégraisser  le mammouth » ou pour considérer que l’apprentissage des langues mortes est inutile. Scientifique réputé, il peut bien se moquer de ses nombreux collègues qui crient au danger du dérèglement climatique. Mais qu’il ait tort ou raison je ne le suivrai pas parce que je crois son message particulièrement dangereux.

A vrai dire, il m’importe  peu que le changement climatique soit le résultat de la seule activité solaire, qu’il soit le résultat de la seule activité humaine ou qu’il soit le résultat de la combinaison des deux. Il y a réchauffement, indéniable. Le simple principe de précaution suffirait à justifier  que l’on prenne des mesures qui visent à éviter que l’activité humaine puisse aggraver les phénomènes constatés.

J’ajoute que les propositions qui sont avancées seraient amplement justifiées même si le réchauffement climatique n’était pas le fait de notre mode de vie et de production. Economiser les énergies d’origine fossile, économiser l’eau, protéger les espaces naturels, refuser de façon générale le gaspillage dans un monde qui est limité, dont les ressources naturelles ne sont pas infinies, me semblerait être un retour nécessaire à une conduite sage que le capitalisme productiviste nous a fait oublier depuis plus de cent ans. Refuser qu’un produit fasse le tour de la terre, une voire plusieurs fois, avant que d’être finalement consommé  pour finalement  laisser un volume de déchets sans cesse croissant qui finira par être ingérable, serait non seulement un témoignage de sagesse économique, mais contribuerait aussi à préserver  l’indépendance économique des territoires et la bonne répartition de l’emploi.

Mettre fin à une supposée « société de consommation » dans laquelle tous les individus sont invités, par des capitalistes avides de profits,  à exiger toujours plus, à courir  pour consommer toujours plus, où pourtant l’immense majorité de la population est condamnée à manquer de l’essentiel et où, même dans les pays développés, la pauvreté et la frustration  s’accroissent chaque jour, doit devenir un impératif majeur de toute force progressiste. Cela ne veut pas dire que l’on renonce au progrès, que l’on renonce à produire pour éradiquer la misère, que l’on renonce même à produire le superflu quand l’essentiel est assuré. Cela veut dire que ce ne sont pas les intérêts privés qui doivent choisir les priorités en fonction du profit qu’ils peuvent en escompter. Cela veut dire que l’économie doit être au service de l’homme et pas au service d’une minorité.

Au cours de leur histoire les socialistes ont eu raison de dire qu’il fallait produire plus pour faire reculer la misère. Mais il ne faut pas produire pour produire, il ne faut pas produire n’importe quoi ! Assez de gaspillages ! Assez d’incohérences! Assez d’exploitation des « consommateurs » et des travailleurs par une société capitaliste qui bâtit sa richesse au mépris de l’humanité!

Jacques Fleury

novembre 8, 2009

Martine et la chute du libéralisme

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 3:46

Billet N127 Nelle série                                                                                                dimanche 8 novembre 2009

Martine et la chute du libéralisme !

Intéressantes déclarations de Martine Aubry dans le Journal du Dimanche de ce jour ! Interrogée à l’occasion de l’anniversaire de la chute du mur, elle dit son regret que l’Europe n’ait pas été au rendez-vous pour « accompagner les ex-pays de l’Est dans un régime de transition conservant un Etat protecteur et faisant naître un marché efficace ».  Elle en tire le malheureux constat : « le triomphe de l’ultralibéralisme a été une illusion… » les libéraux américains ont « débarqué dans les pays de l’Est avec la volonté de détruire tout ce qui représentait  le régime antérieur, en particulier l’Etat et les services publics, laissant la place à l’enrichissement de quelques-uns et au règne des mafias ». Et d’en tirer la leçon : « la crise économique a montré combien ce système marchait sur la tête. C’est bien d’un nouveau modèle que la gauche doit construire »

Quand le journaliste lui demande si la gauche n’est plus social-libérale, Martine Aubry répond: « Certains ont considéré que la financiarisation de l’économie était le comble de la modernité. Mais la gauche en France a mieux résisté à cette idée fausse. Et aujourd’hui, le Parti Socialiste est uni autour d’une idée simple et forte : le dérèglement est tel qu’il ne s’agit plus d’amender le libéralisme ou de corriger ce capitalisme à la marge. Il s’agit de changer le système, de changer de système. C’est à cela que nous travaillons. »

Dieu soit loué, m’écrierais-je, si je n’étais pas athée !  Certes Martine ne va pas jusqu’à dénoncer, unité oblige !, les petits camarades qui  considéraient naguère que la doctrine socialiste était à ranger au rang des vieilles lunes. Sans doute est-elle encore très optimiste en affirmant que le Parti est uni sur l’idée qu’elle avance : il faudrait  prévenir quelques uns de nos camarades !  Mais tout de même, le ton change.

On ne parle pas comme on le proclamait naguère, de supprimer la propriété capitaliste mais quand Martine, prenant l’exemple de Molex rachetée par des actionnaires américains qui l’ont vidée puis exécutée,  défend l’idée que lorsqu’une entreprise est mise en danger pas ses actionnaires, il faut la mettre sous tutelle judiciaire, elle semble bien décidée à remettre en cause le droit de propriété qui comprend comme les juristes le savent l’usus, l’abusus et le fructus, le droit d’utiliser le bien dont on est propriétaire comme on le veut, le droit d’en tirer les bénéfices et le droit de s’en séparer comme on l’entend !

« L’ultralibéralisme nous a envoyé dans le mur » affirme Martine Aubry. Pourquoi « l’ultra » ?  Le libéralisme n’a guère besoin de qualificatif pour nous envoyer dans le mur ! « Le marché doit être régulé, sinon il peut être destructeur de l’économie »  ajoute notre première secrétaire. Elle a raison d’affirmer que «  les principes qui le déterminent, la concurrence, l’individualisme, le court terme, ne peuvent s’appliquer aux biens collectifs, à l’éducation, à la santé et encore moins à la société » – c’est à dire à ce qui fait l’essentiel de notre vie en commun ! – mais il faut aller plus loin et constater, et expliquer, expliquer toujours, – ce doit être le rôle historique des socialistes -que dans ces secteurs essentiels, la propriété capitaliste – le secteur privé – répond à une logique contraire à l’intérêt général. La lutte contre la privatisation de la Poste dans laquelle le PS s’est heureusement engagé, n’est qu’une traduction parmi d’autres  de la nécessité de s’opposer à la catastrophique logique libérale. Le secteur hospitalier conduit à marches forcées vers la logique de la gestion privée avant d’être définitivement dépecé, l’Education Nationale menacée de toutes parts, nous offrent un formidable terrain de lutte qui justifie l’identité socialiste de notre combat.

Ce sont ces combats que la PS doit mettre en perspectives pour affirmer la différence entre la gauche socialiste et les autres.

 

Jacques Fleury



octobre 28, 2009

L’identité républicaine

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 9:44

Billet N126 Nelle Série                                                                                                 mercredi 28 octobre 2009


Identité nationale ?  Essayons d’oublier les arrière- pensées du Grand Conducteur ! Et posons nous la question puisqu’elle nous est posée : être  français c’est quoi ? En quoi serions nous différents, en quoi serions nous originaux, au point d’être identifiables ?

Serions nous français parce que nous serions nés sur le territoire français ? Notre identité serait-elle liée à l’hexagone ?  Mais alors l’Alsacien aurait-il perdu son identité entre 1870 et 1918 quand il était de nationalité allemande, le Savoyard aurait-il gagné une identité nouvelle le jour ou la Savoie a été rattachée à la France ? Et le Belge, l’Allemand, le Hollandais, l’Italien, auraient ils eu la malchance de perdre notre identité au lendemain de Waterloo ?

Etre français voudrait-il dire que nous sommes les héritiers de toux ceux qui furent les vassaux des rois absolus, à une époque où, avant d’être sujet du Roi de France, on était breton, languedocien, provençal, picard, etc, attaché à la langue et à la culture de sa province plutôt qu’à une unité nationale que seul incarnait le Roi ?  Serions nous les héritiers de cet empire napoléonien qui aurait multiplié le nombre des français à la pointe des baïonnettes laissant derrière ses armées une image désastreuse de la France dans l’ensemble de l’Europe ?

S’il existe une identité nationale, c’est celle que les révolutionnaires ont créée aux cris de « Vive la Nation » ! Elle excluait ceux qui, nés sur le territoire de la monarchie française, combattaient pourtant aux côtés des monarchies étrangères contre ceux qui chantaient la « Marseillaise ». Mais elle ne réunissait  pas que des français de souche car nombre d’étrangers à notre sol ont rejoint alors et rejoindront tout au long du processus républicain –  à l’époque des gens comme Buonarrotti ou, plus tard, Garibaldi, –  la République Française.

Notre identité nationale – en tout cas c’est ainsi que je la vis – est faite de l’originalité du message républicain que notre pays incarne dans le monde. Avec plus ou moins de fidélité selon les époques, celle que nous vivons étant de ce point de vue particulièrement désastreuse ! Notre identité, c’est la défense de cette trilogie républicaine – Liberté, Egalité , Fraternité – à laquelle la partie la plus réactionnaire de notre pays, sombrant dans le déshonneur, a opposé sous Pétain  « Travail, Famille, Patrie » .

L’identité nationale, c’est ce que détruit chaque jour notre Grand Loucheur, un œil rivé sur l’exemple américain quand il prône non pas le mérite républicain, mais la loi de la jungle libérale et capitaliste, l’autre vers le passé le plus réactionnaire  quand il nie les fondamentaux de la République laïque – le curé plus utile que l’instituteur — quand il détruit les bases de l’Education nationale ( voyez comment il a attaqué les maternelles, réduit les moyens de l’école publique au profit des écoles privées), quand il casse tous les contre pouvoirs à son désir de monarque, quand il tente de remettre à l’honneur Travail  – « travaillez plus pour gagner plus ! »,  Patrie – le ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration –  n’étant sans doute pas le mieux placé pour vanter de surcroît la Famille !

Notre identité, c’est la défense d’un mode de vie, d’une ambition nationale, très différente de celle qu’incarnent les anglo-saxons du « make money ». C’est la recherche d’une véritable liberté, la défense des droits de l’homme mais aussi de la laïcité – sans adjectif réducteur – qui seule permet à chacun de vivre ses opinions sans les imposer aux autres ni  subir celles des autres. C’est le refus du communautarisme qui divise au lieu de rassembler, c’est donc la République « une et indivisible ».

Notre identité, c’est le pacte républicain, et social. C’est le souci de l’égalité aujourd’hui  tellement bafoué dans la vie quotidienne mais qui demeure un souci majoritaire chez nos compatriotes comme chez ceux qui  aiment la France parce que son message est celui de cette idée généreuse. C’est la volonté de fraternité ou de solidarité qui fait que dans notre pays, au lendemain de la guerre, le Conseil National de la Résistance a remis en place un pacte social, unissant le pays autour de la Sécurité Sociale, l’Ecole Républicaine pour tous, la laïcité, etc…

Manifestement, Nicolas Sarkozy parle de ce qu’il n’a jamais connu et ne connait toujours pas. Non l’identité nationale ne se résume pas à l’amour de la terre française : il faudrait alors craindre la montée des eaux !!! L’identité nationale, c’est un message universel de générosité, un message d’espoir, une lumière qui brille et qui fait que, malgré tout, dans le monde, on aime encore la France

Jacques Fleury

octobre 23, 2009

Pour un parti écolo-socialiste

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 4:11

Billet N124 Nelle Série                                                                       vendredi 23 octobre 2009

Pour un parti écolo-socialiste

J’évoquais hier la synthèse possible et souhaitable entre l’écologie politique et le socialisme.

Il est vrai que le parti socialiste a été traditionnellement favorable au « productivisme ». L’idée était de produire davantage pour répondre aux besoins de la classe ouvrière tout en lui offrant de l’emploi, le travail étant considéré comme un vecteur de dignité et de liberté. N’oublions pourtant pas que le gendre de Karl Marx, le socialiste Paul Lafargue, écrivit « le Droit à la paresse » !

Mais il faut bien constater que la croissance permanente de la production, même si elle a, dans quelques pays, amélioré grandement les conditions d’existence, n’a pas résolu le problème de la misère dans le monde et de l’inégalité sans cesse aggravée. De surcroît l’inégalité de la répartition des richesses a engendré une frustration croissante, généré des besoins sans cesse renouvelés et conduit, plutôt qu’à une sage et saine répartition des fruits du travail, à une course permanente à la croissance, au développement d’une société dans laquelle on produit pour produire, on consomme pour consommer, on travaille pour travailler, avec ce constat stupéfiant qu’un léger ralentissement du rythme de production déclenche une catastrophe universelle !

Une immense partie de la population mondiale ne ramasse que des miettes de la richesse qui croit. D’abord parce qu’une partie importante de cette pseudo richesse n’est que virtuelle. Mais surtout parce qu’une partie croissante de la production mobilise les ressources mondiales non pas pour répondre aux besoins prioritaires des populations affamées et misérables mais pour satisfaire la seule clientèle solvable dont la demande est excitée à coups de messages publicitaires.

Les écologistes ont donc bien raison de tirer la sonnette d’alarme. Pas seulement parce que notre mode de vie met immédiatement en danger l’humanité toute entière par les conséquences climatiques de l’activité humaine, mais parce que le scandaleux gaspillage  auquel il conduit, risque de nous priver demain de ressources essentielles et non renouvelables. Et les socialistes n’ont aucune raison de fond de ne pas partager ce constat.

Là où les écologistes ont tort – du moins certains d’entre eux – c’est quand ils essaient de nous faire croire que le changement de mode de vie, le changement de mode de consommation, la fin du gaspillage, pourraient être obtenus sans condamner une société dont le moteur – le profit – ne tient aucun compte de ce genre d’objectif. Sans doute l’économie capitaliste est-elle capable de s’emparer des thèmes écologistes, sans doute est-elle capable de produire écolo, mais très rapidement si la course au profit l’impose, elle s’en servira comme d’une mode, comme d’un prétexte et en tout cas pas comme d’un cadre capable de freiner ses ambitions. Et elle n’oubliera pas au passage de continuer à exploiter le monde du travail.

Nous sommes donc nombreux socialistes à convenir de la nécessité d’un développement durable. Développement parce qu’on ne saurait renoncer à satisfaire les besoins élémentaires de la population, durable parce que la production et la consommation doivent s’adapter aux limites naturelles de nos ressources mondiales et vitales. Le développement durable ne peut pas choquer un socialiste qui n’a jamais confondu bonheur ou bien être avec possession et consommation. Mais il doit assurer une société équitable, celle de la République sociale. Si la France ne figure pas dans les tous premiers pays au regard d’indice de production annuelle, notre pays se trouve encore placé parmi les premiers quand on mesure la qualité de vie. Et nous savons bien que c’est là le résultat – il est vrai consciencieusement remis en cause par la droite – de la dose de socialisme que nos anciens ont su instiller dans notre République.

Les écologistes doivent admettre qu’ils ne parviendront pas à leurs objectifs sans condamner et combattre vigoureusement  l’idéologie libérale. La course au profit que cette dernière implique ne peut pas se satisfaire de règles qui lui seraient le plus souvent contraires. Comment ralentir la consommation, comment la mieux répartir sans créer des problèmes d’emplois dans la logique capitaliste ? Elle est  en tout cas incompatible avec la volonté de justice sociale qui anime tout homme de gauche. Je sais que nombreux écologistes en sont convaincus.  Plutôt que d’engager une lutte tactique pour savoir qui ira se jeter le plus vite dans les bras des libéraux, il me semble plus utile mais aussi plus viable, de chercher à constituer le grand rassemblement, voire un futur parti écolo-socialiste.

Et si on s’y mettait ?!

Jacques Fleury

octobre 22, 2009

Petit projet politicien

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 12:44

Billet N123 Nelle série                                                                                                          jeudi 22 octobre 2009

Petit projet politicien

Avec Cohn-Bendit, au moins les choses sont claires ! Il n’est pas content, nous dit-on,  du « sectarisme » des Verts. Pour les prochaines élections régionales l’ancien soixante-huitard révolutionnaire exige et commande que les écolos estampillés « Vert » ouvrent leurs bras à tous ceux qui de près ou de loin s’intéressent à l’écologie : que ce soient les amis de Corinne Lepage, ceux de François Bayrou, ou encore ceux d’Antoine Waechter ;

Pour ceux qui l’auraient oublié – il n’y pas de mal à cela ! – ces trois catégories d’écolos invités à rejoindre les  verts « orthodoxes » ont toujours soutenu une politique de droite !  Bayrou et Lepage furent ministres de gouvernements réactionnaires, et Waechter n’a jamais fait mystère de son engagement dans le même camp.

Idéologiquement cette volonté de Cohn Bendit ne tient pas. Sauf à réduire l’écologie à des mesures techniques  – interdire la chasse au gibier d’eau ou refuser l’énergie nucléaire , nobles sujets mais quand même réducteurs par rapports aux enjeux planétaires- on ne peut pas, raisonnablement, rendre compatible  l’objectif majeur de l’écologie politique avec une alliance avec des défenseurs de l’économie libérale. Réduire le gaspillage de nos ressources naturelles, imposer un développement aussi équitable  que durable, c’est impossible dans le cadre d’un système idéologique qui privilégie la course au profit sur toute autre considération! Comme si la morale du système capitaliste n’était pas d’abord : « après nous le Déluge ! ».  Quand on sait les capitalistes capables de vendre la corde qui doit les pendre, comment croire qu’ils s’inquièteraient du futur de notre monde. L’attitude des Etats Unis le confirme ! Quant à la justice sociale, la démonstration n’est plus à faire.

Idéologiquement, le choix de Cohn Bendit ne tient pas. Mais il nous en donne une explication purement tactique. Il s’agit, dans la foulée des européennes, de continuer à jouer l’ouverture afin « de faire un bon score et/ou dépasser le PS ». « Pour cela, affirme le leader écolo-libertaro-libéral, il faut laisser de côté les instinct personnels, sectaires ou délirants qui seraient totalement contre-productifs » ! On croirait entendre Manuel Valls !

Ainsi le seul objectif valable serait de battre le PS !  Pauvre petit projet politicien : prendre la place de son voisin !

On pourrait trouver une noble justification à cette ambition limitée si la coalition défendue par le « vert marron » Cohn Bendit visait à substituer à un PS emberlificoté dans des tentations d’alliances centristes et trop timoré quant à la défense de ses valeurs socialistes, un parti plus jeune, plus décidé, plus nettement orienté à gauche, capable de faire la synthèse, pour tout dire, entre le socialisme et l’écologie. Mais non ! Ce que nous propose l’ancien étudiant de Nanterre, c’est le choix entre un PS que d’aucuns voudraient voir rejoindre Bayrou et une coalition verdâtre qui inclurait  Jean Luc Benhamias, bras droit du même Bayrou. On en trépigne d’enthousiasme !!!

Jacques Fleury

octobre 15, 2009

La fin de la décentralisation

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 4:22

Billet n119 Nelle série                                                                                                             jeudi 15 octobre 2009

La fin de la décentralisation

Arnaud Montebourg, président de son Conseil général de Saône-et-Loire attaque l’Etat en  justice pour obtenir 800 000 euros que l’Etat lui doit.

Il  n’est que temps ! A mon avis, il y a déjà  un an que tous les présidents  des Conseils Généraux de gauche auraient du mettre les pieds dans le plat. Tous les responsables savent  que les départements étaient financièrement  asphyxiés ou en voie d’asphyxie quand les dernières élections cantonales se sont tenues en 2008.  Le département de la Somme pour prendre cet exemple qui m’est proche, était menacé de mise sous tutelle dès la fin 2008 au moment même où une direction socialiste – qui n’en était évidemment pas responsable – remplaçait une gestion ininterrompue de la droite depuis les années 1970 !

Rien de surprenant ! Les départements se sont vu transférer  par l’Etat de nouvelles responsabilités –  en autres un grand réseau de routes nationales, le RSA par exemple… – sans transférer les recettes  correspondantes. Le gouvernement Jospin avait déjà transféré la gestion de l’APA – l’aide aux personnes âgées – coûteuse mais très créatrice d’emplois, mais les gouvernements de droite ont refusé de transférer les recettes de l’Etat qui avaient été prévues par le gouvernement précédent.  Plus encore, l’Etat ne verse même pas la totalité des sommes dont il accepte le principe. Les départements doivent faire crédit à l’Etat !

Les socialistes sont décidément trop bons !  Ils auraient pu dès 2008 dénoncer, refuser concrètement d’assumer la responsabilité. Maintenant leurs protestations risquent d’être inaudibles : la droite leur fera porter le chapeau devant un public peu informé la responsabilité d’augmenter les impôts ou/ et de diminuer les services rendus. Il fallait déclencher la crise dès 2008 avant que la droite puisse tenter de nous faire porter le chapeau. On ne l’a pas fait. Dommage !

Maintenant le gouvernement Sarkozy veut aller plus loin : il veut paralyser les départements et les régions. Il s’agit d’empêcher des structures décentralisées de mettre en œuvre une autre politique que celle qu’il préconise, de corriger sur le terrain les effets catastrophiques de la politique  la plus réactionnaire que nous ayons à subir depuis l’Etat Français. Deux moyens sont prévus et  soumis au vote du Parlement :

Le premier consiste à encadrer strictement l’action des départements et des régions. En supprimant leur « compétence générale ». Ce qui veut dire que les élus locaux n’auront pas le droit d’intervenir dans des domaines que la loi n’a pas limitativement prévu de leur confier.

Le second consiste à limiter leurs ressources et à faire dépendre une part croissante de ces recettes de décisions prises par  Paris. C’est le résultat de la réforme de la Taxe professionnelle remplacée par des taxes au rendement aléatoire  et par une « compensation » qui met les budgets locaux – c’est aussi vrai pour les communes- à la merci des décisions budgétaires nationales.  Juppé avait raison de hurler !

Ces « réformes » entrent à l’évidence dans le grand dessein du MEDEF et de Nicolas Sarkozy : il s’agit d’annuler non seulement 1981, mais aussi la Libération en supprimant tout ce qui a été réalisé du programme du Conseil National de la Résistance. Pour y parvenir  Sarkozy est bien décidé à ôter toute chance à la gauche de mettre en œuvre sa politique, même localement,  pour laisser enfin le champ libre à la droite la plus réactionnaire.

Jacques Fleury

octobre 14, 2009

« Big Brother »

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 6:50

Billet n118 Nelle série                                                                                                     mercredi 14 octobre 2009

« Big Brother »

Je viens de lire un  article dont l’auteur constate que Berlusconi a réussi à « reformater » les Italiens. Ceux –ci désormais ne se choquent plus de la confusion établie avec cynisme par le leader  transalpin entre ses intérêts privés et l’intérêt général, de l’emprise insolente qu’il manifeste sur les medias, du mépris qu’il affiche à l’égard de la justice de son pays, de l’usage qu’il fait du Parlement pour faire adopter des lois qui le protègent,  de la vulgarité de sa conduite qui déshonore son pays,  de l’impudence et de l’insolence qu’il manifeste quotidiennement à l’encontre de son peuple comme des leaders étrangers. Les italiens ne s’en offusquent plus puisqu’ils seraient prêts, nous dit-on, à le reconduire au pouvoir. L’homme le sait si bien, que désavoué publiquement par l’équivalent de la Cour Constitutionnelle, il continue à fanfaronner, assurer de trouver au Parlement le nombre de godillots suffisants pour lui permettre une nouvelle fois de bafouer la justice de son pays.

Nous n’avons rien à envier à l’Italie. Le cas Chirac démontre assez comment la justice a pu ces dernières années être muselée. Et Sarkozy n’est que le frère de lait de Berlusconi. Mais  là où l’ancien président ne cherchait qu’à se  sortir de mauvais pas dans lequel une morale un peu faible l’avait fourré,  Nicolas Sarkozy, lui, est idéologiquement décidé à aller beaucoup plus loin. Il est bien décidé à son tour à décerveler le pays, à « reformater » les Français. Et les mêmes causes provoquent les mêmes effets. Ce peuple de républicains se laisse désormais entraîner vers le comportement dont rêve la droite depuis toujours,  la passivité devant l’énormité des scandales de toutes sortes : le rétablissement cynique des privilèges liés au fric, le népotisme assumé, la démolition des conquêtes sociales au nom de l’individualisme faux-nez de la course au profit, la réintroduction des églises dans le jeu politique pour faire passer la pilule des injustices criardes…

Sarkozy  veut tout le pouvoir : les réformes constitutionnelles adoptées, les réformes électorales en cours, la réforme envisagée des collectivités locales liées à la suppression de la taxe professionnelle qui constitue l’une de leur principales ressources, le contrôle absolu de l’audiovisuel public, le contrôle des TV privées,  toute cette politique vise à anéantir toute opposition au grand dessein du Chef d’Etat. Il s’agit de faire de la France un pays de type anglo-saxon, à l’économie fondée sur la seule recherche du profit, dans lequel le jeu politique se réduit au conflit des lobbys et des communautés, le contraire de notre République une et indivisible.

Au nom de la liberté et de l’individu, Sarkozy veut rétablir la société du « renard libre dans le poulailler libre ». Il veut que les puissants ne soient plus gênés, qu’ils aient toute liberté d’exploiter le travail de leurs contemporains. Au nom du « mérite » que récompenserait la « saine compétition »,  au nom de la liberté individuelle qui serait amputée selon lui par les mécanismes d’une société solidaire, il veut revenir à cette loi  de la jungle que connaissait le 19ème siècle et que connaissent les pays anglo-saxons. Il veut peu à peu, insidieusement, en pratiquant quotidiennement un discours contraire à la réalité de ses actes,  revenir sur un siècle de progrès social.  Il veut rétablir cette société d’obscurantisme dans laquelle les cerveaux sont formés par les confessions religieuses  à supporter la dure vie d’ici bas : le prêtre plutôt que l’instituteur ! Il veut créer les conditions de la reproduction des élites qui le soutiennent en cassant l’école républicaine au profit des écoles privées. Il veut que l’ensemble de la société respire et pense comme lui. Pour le peuple, les jeux et quelques miettes  de pain !

Et le peuple soupire mais ne regimbe pas. Déjà presque convaincu ! Sarkozy « Big Brother » étend son pouvoir sur les consciences. Il n’est que temps de réagir. Il est déjà bien tard. Déjà plus grand monde ne sait ce qu’est le socialisme que les générations ignorantes confondent tantôt avec la charité tantôt avec le stalinisme. Bientôt les générations montantes ne sauront plus ce qu’est la République, ce que sont les valeurs républicaines. Elles confondront égalité avec individualisme forcené. Elles accepteront la charité et l’assistance faute de savoir ce qu’est la solidarité.  Elles confondront liberté et laïcité avec le privilège donné à tel ou tel groupe, à telle ou telle confession.

Le peuple ne réagit plus parce qu’il n’entrevoit pas d’autre possibilité. Il se laisse convaincre. Et trop souvent par leur pusillanimité les socialistes  l’y ont malheureusement encouragé. Henri Emmanuelli disait récemment que peu de choses le séparaient des idées du NPA. Je suis convaincu qu’aujourd’hui le peuple de gauche serait prêt à entendre un discours proche de celui de Besancenot dans la bouche d’un  leader du PS. Avec cependant l’avantage que  les socialistes, eux, qui acceptent de se confronter à la réalité du pouvoir, seraient finalement plus crédibles.

Jacques Fleury

octobre 12, 2009

Lundi morose !

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 8:18

Billet n117 Nelle Série                                                                                                                 lundi 12 octobre 2009

Lundi morose !

Décidément, il semble que le monde tourne autour du nombril de ce monsieur. Le sort de la planète semble suspendu au sien ! Depuis plus d’une semaine on nous bassine avec l’analyse détaillée de son comportement et de ses mœurs. Je reconnais ne pas avoir lu, lors de sa parution, l’œuvre immortelle de Frédéric Mitterrand. Qu’on veuille bien m’en excuser : je ne m’intéresse guère aux faits et gestes des « people ». Je n’ai donc découvert que ces derniers jours,  le fondement – si j’ose dire – de la question posée.

S’il faut répondre aux questions cruciales qui semblent s’imposer à l’ensemble du monde médiatique, voilà ce que j’en pense. Un, je n’aime pas ce que ce Monsieur écrit ni ce qui semble être sa pratique! Deux, j’ai cru comprendre que son comportement  ne relevait pas de la sanction pénale, sinon les tribunaux, on peut l’espérer,  s’en seraient saisis depuis longtemps. Trois, si la sanction  ne peut être que politique, c’est dans un premier temps à Sarkozy de le dire et dans un second aux électeurs. Franchement, j’ai de toute façon bien d’autres raisons, plus colossales, de ne pas voter Sarkozy ! Comment fallait-il que le PS réagisse ? Certains pèsent et soupèsent le mot, la nuance.  D’autres ont réagi  plus près du réflexe populaire. Pour une fois je ne vais pas leur en faire le reproche.

Ce qui m’énerve, c’est le temps consacré à titiller les politiques sur cette affaire quand on  néglige de les interroger sur tant de problèmes majeurs dont notre sort commun dépend. Consciemment ou non, les medias – nous dirons généreusement inconsciemment ! – trouvent chaque semaine un nouveau  motif d’éviter qu’on aborde le fond des problèmes.  Chaque fois qu’un politique se rend à une émission sensée lui permettre de s’exprimer, on l’interroge pendant de trop longues minutes sur une question secondaire. Et de conclure plus tard que les politiques n’ont rien à dire. Ce qui, quelquefois, pourrait se révéler exact si on leur laissait vraiment la parole!!!

Ce dimanche donc, Nicolas Demorand recevait François Hollande sur la « 5 ». Après un long « tunnel », comme on dit dans les medias, sur Frédéric Mitterrand, nous avons eu droit à un échange sur l’âge de l’ex capitaine du PS ! Pourtant François Hollande n’a pas encore atteint la soixantaine ! Dans un siècle où la durée de vie s’allonge chaque année davantage, au moment où les socialistes condamnent à juste titre l’élimination des salariés quinquagénaires du monde des entreprises, faudra-t-il établir bientôt des « quotas » en faveur des « vieux » au parti socialiste ?

En attendant la « pipolisation » de la vie politique se poursuit. Les partis – PS compris – se battent pour décrocher ici un footballeur célèbre, là un athlète reconnu,  pour  rendre plus attrayants sans doute leurs combats électoraux. Peu importe si les personnalités recrutées sont politiquement novices. Peu importe puisqu’ils ne sont que des instruments ! Le score obtenu hier par David Douillet ailleurs que sur un tatami, pourrait de ce point de vue nous énerver. On se dit quelquefois que le peuple se choisit les élus qu’il mérite. Mais  à y regarder de plus près, l’importance de l’abstention montre que les électeurs ne se sont pas laissés séduire et que le Douillet a fait au premier tour le plein des voix de droite. Ah ! Si nous savions vendre un projet véritablement alternatif  et donc plus « sexy »!

Dernière minute ! J’apprends que le petit-fils de Nicolas Sarkozy vient d’être proposé pour la direction de la crèche de Neuilly ! A peine sorti des langes, il a paru réunir toute l’expérience et toutes les compétences requises ! Car « aux âmes biens nées… »

Je veux rêver

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 8:16

Billet n 116 Nelle série                                                                                                 dimanche 11 octobre 2009

Je veux rêver

« Vous êtes là pour nous faire rêver » affirmait hier Nicolas Demorand sur la « 5 » en essayant d’obtenir de François Hollande une vision  originale de l’avenir de la France. Je ne sais si les téléspectateurs ont rêvé, moi pas ! Et pourtant je le trouve sympa, moi, François.  Mais il me faut plus que des traits d’humour et l’affirmation de grands principes, un peu beaucoup langue de bois, pour me mobiliser. Je ne dois pas être le seul.

Je me fiche totalement des pseudos mesures de « rénovation » adoptées récemment par le Parti. Je n’en attends que la dilution de la doctrine socialiste dans un brouet inodore et sans saveur.

J’attends, moi, qu’on me dise comment on va lutter concrètement  contre la désindustrialisation de notre pays et de l’Europe. Comment on va nous protéger  de la concurrence déloyale de pays qui ne respectent aucune règle sociale ou environnementale. Car la désindustrialisation, c’est la perte d’emplois, la perte de richesses et la perte de notre indépendance économique. Et c’est la paupérisation de notre société. Et qu’on ne vienne pas me raconter que la question sera réglée par les seuls efforts de formation et de recherche sans doute nécessaires mais pas suffisants.

J’attends, moi, qu’on me dise comment on va réorienter la répartition des richesses produites pour que chacun ait à sa disposition de quoi vivre, c’est-à-dire se nourrir, se loger, se former, se soigner. Comment instaurer une fiscalité juste et re-distributive et comment éviter la fuite des capitaux.

J’attends, moi, qu’on me dise comment on va substituer à cette société de consommation qui nous conduit au gaspillage et à la ruine de nos ressources naturelles les plus indispensables au seul profit d’une minorité, une société plus raisonnable, au développement durable et socialement juste.

J’attends, moi, qu’on me dise les mesures que les socialistes sont prêts à mettre en œuvre pour imposer, malgré l’Europe, la sauvegarde et le développement des services publics – et ne plus parler de missions de services publics confiées au privé -, comment  les secteurs essentiels à notre économie seront protégés des prédateurs financiers si les socialistes ne veulent pas toucher à la propriété des grandes entreprises.  Qu’on me dise comment, par exemple, les pouvoirs publics européens, nationaux, ou régionaux seraient prêts à prendre le contrôle d’entreprises dont l’intérêt serait stratégique pour notre population.

J’attends qu’on me dise quelles seront les mesures prises pour rétablir un service public de la santé aujourd’hui systématiquement désarmé au profit du secteur privé. Quelles seront les mesures pour que le service public de l’Education nationale ne soit pas systématiquement affaibli au profit du secteur privé et confessionnel.

J’attends, moi, qu’on prenne des engagements pour revenir à un fonctionnement républicain de notre société ; qu’on me dise  comme  le respect de la liberté de penser, de l’égalité des citoyens, conditions indispensables au développement de la fraternité, sera rétabli. Comment pourrait-on faire respecter ces valeurs républicaines en laissant détruire comme la droite le fait insidieusement chaque jour davantage la République une et indivisible au profit d’institutions mises au service des cultes et du profit. Quelles seront les décisions prises rapidement pour d’abord rétablir et puis faire respecter la laïcité dans ce pays, bafouée de plus en plus ouvertement et cyniquement par le pouvoir ?

J’attends bien d’autres choses encore…Oui, j’attends, moi, que l’on me dise quel rêve les socialistes opposeront au cauchemar qui nous est aujourd’hui imposé. Si la droite affirme sans complexe vouloir rayer tous les acquits du programme du Conseil de la Résistance, si la droite impose à ce pays les pseudos valeurs qui avaient cours sous Pétain, j’attends que nous affirmions, nous, que, très vite, nous ferons tout pour effacer les traces  de la catastrophe sarkozienne avant de reprendre le chemin du progrès socialiste.

Jacques Fleury

octobre 7, 2009

A propos de Mars

Classé dans : Uncategorized — jacquesfleurysocialiste @ 8:44

Billet n114 Nelle Série                                                                                                 mercredi 7 octobre 2009

A propos de Mars

Non, non ! Ne pas en parler, ne pas réagir à chaud, attendre que la colère retombe ! Non, pas encore, je ne veux pas évoquer la dérisoire « rénovation » du parti approuvée aveuglément par une large majorité de membres du PS. Parlons d’autre chose !

J’apprenais ce matin la découverte dans les eaux du Rhône, d’une tête de statue représentant le Dieu Mars. Et je me faisais la réflexion suivante : chaque fois que les romains s’installaient quelque part, ils rendaient hommage à leurs dieux, érigeaient des statues à Vénus,  Apollon, Neptune, etc.

Plus tard, et selon les cieux, ici furent bâties des églises ou des cathédrales, là des mosquées, ailleurs des temples bouddhiques, toutes édifications grandioses, vouées au culte des Dieux. Ces constructions témoignent de leur temps, souvent alliant la gratuité du geste – le rapport entre leur coût  et le bénéfice attendu n’était pas pour le moins immédiat ! – à la beauté de l’édifice.

Je m’interrogeais donc ce matin sur ce que nos générations allaient laisser. Quels monuments symboliques de nos croyances, de nos espoirs, de ce qui motivent nos actions et agitent nos pensées? Quelles églises, quelles mosquées, quelles statues à nos dieux ?  Mac Do, Auchan, Leclerc… ?

Voilà ce que sont aujourd’hui nos idoles ! Difficile dès lors de mener le combat en faveur du « développement durable », contre le gaspillage de nos ressources naturelles, contre l’effet de serre… Il faut d’abord renverser nos idoles, comme autrefois furent brisées les statues grecques, pour laisser place à une nouvelle civilisation, celle d’un juste partage et d’une consommation raisonnée, bref une société qui refuse la loi du profit. C’est dire qu’il est impossible d’être « écolo » si on n’est pas d’abord socialiste, si on n’est pas prêt à détruire cette société capitaliste qui hisse au niveau divin la loi du profit, si on ne met pas fin au pouvoir supérieur que confère  la propriété du capital au détriment de la loi démocratique.

D’autres que les socialistes – les fanatiques et les extrémistes de diverses religions  -s’appuient sur la condamnation de la civilisation du profit pour recruter leurs affidés. Mais à la différence des socialistes qui n’entendent pas lui substituer une autre civilisation que celle de la liberté et de la justice, ceux-là s’appuient sur le rejet  de la société de consommation pour relever leurs idoles et instaurer  leurs lois liberticides.

Les socialistes eurent à lutter longtemps coincés entre la droite capitaliste et le stalinisme. De nos jours l’intégrisme religieux a remplacé le communisme. Ce n’est pas nécessairement mieux ! Mais pour résister il n’y a pas d’autre voie que de revenir aux fondements du socialisme !

Jacques Fleury

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